Passeport de prévention : ce qui change pour les employeurs en 2026
Qu’est-ce que le Passeport de prévention ?
Le Passeport de prévention est une rubrique intégrée au Passeport de compétences prévu par le Code du travail (article L.6323-8). Il prend la forme d’un espace numérique personnel rattaché au Compte personnel de formation (CPF).
Il recense toutes les attestations, certificats et diplômes obtenus par un salarié dans les domaines liés à :
- La santé et la sécurité au travail (ex. : SST, habilitation électrique, travail en hauteur).
- La prévention des risques professionnels.
- Les formations obligatoires spécifiques à certains métiers (amiante, CACES, etc.).
👉 En pratique, chaque salarié disposera d’un espace unique et actualisé, accessible à tout moment.
Objectifs du dispositif
- Traçabilité: centraliser et conserver les preuves de formation tout au long du parcours professionnel.
- Lisibilité: permettre aux employeurs, aux salariés et aux organismes de formation de savoir rapidement quelles compétences sont acquises.
- Simplification RH: éviter les pertes de documents, faciliter les audits et contrôles.
- Sécurité accrue: garantir que chaque salarié est bien formé aux risques liés à son poste.
Obligations des employeurs à partir de 2026
- Déclarerdans la plateforme les formations suivies par ses salariés en matière de santé et sécurité.
- Mettre à jourrégulièrement les informations (nouvelles formations, recyclages).
- Informer les salariésde l’existence et du fonctionnement du Passeport.
- S’assurer de la conformitédes données (dates exactes, intitulés, organismes de formation).
Quels types de formations sont concernées ?
- Tout le personnel: doit connaître les consignes d’évacuation et l’emplacement des moyens de secours.
- Des salariés désignés: doivent être formés à l’utilisation des extincteurs et jouer le rôle d’Équipiers de Première Intervention (EPI).
- Les établissements à risque(sites industriels, ICPE, grandes surfaces, etc.) : doivent aller plus loin avec des formations EPI et éventuellement SSIAP.
Conséquences pour la fonction RH
Pour les responsables RH, le Passeport de prévention représente à la fois une opportunité et un défi :
- Opportunité: fini les classeurs papier, les attestations égarées et les incertitudes lors d’un contrôle. Un simple accès en ligne permet de vérifier les formations suivies.
- Défi: il faudra mettre en place une organisation pour assurer la mise à jour régulière des données et le suivi des recyclages.
Cela implique de revoir certains process internes :
- Création d’untableau de bord des obligations réglementaires.
- Suivi automatisé des dates de validité (SST, habilitations, etc.).
- Dialogue renforcé avec les organismes de formation pour garantir la transmission des attestations.
Exemple concret d’utilisation
Imaginons une entreprise de logistique de 200 salariés :
- En 2026, le DRH doit vérifier que les caristes ont bien leur CACES à jour et que les chefs d’équipe disposent de leur formation incendie.
- Plutôt que de demander des photocopies à chaque salarié, il accède directement au Passeport numérique.
- En un clic, il visualise qui est conforme et qui doit être recyclé.
👉 Gain de temps, réduction des erreurs et sécurisation juridique en cas de contrôle.
Comment anticiper dès 2025 ?
Même si l’obligation n’entrera en vigueur qu’en 2026, il est recommandé de se préparer dès maintenant :
- Faire l’inventairedes formations réglementaires existantes dans votre entreprise.
- Mettre à jourle Document Unique d’Évaluation des Risques (DUER) pour identifier les besoins spécifiques.
- Établir un plan de formation 2025-2026intégrant les recyclages à venir.
- Sensibiliser les managers et les salariésà l’arrivée du Passeport.
- Choisir des partenaires formationcapables de fournir des attestations conformes et directement exploitables.
Le rôle des organismes de formation
Les organismes de formation comme Savoir-Agir Formation devront aussi adapter leurs pratiques :
- Fournir des attestations numériques normalisées.
- Transmettre les informations aux employeurs et aux salariés de manière sécurisée.
- Conseiller les entreprises sur la mise en conformité de leur plan de formation.
Cela représente une opportunité pour créer un véritable écosystème numérique de la formation en prévention.
En conclusion : une réforme à transformer en avantage
Le Passeport de prévention n’est pas qu’une contrainte réglementaire. Bien utilisé, il peut devenir un levier stratégique pour les RH :
- Meilleure visibilité sur les compétences en interne.
- Sécurisation juridique face aux contrôles.
- Renforcement de la culture prévention.
La clé réside dans l’anticipation. Préparer vos équipes dès 2025 vous permettra d’aborder 2026 avec sérénité et de transformer cette obligation en un atout organisationnel.





