3 réflexes simples pour détecter un risque psychosocial (RPS)
Les Risques Psychosociaux (RPS) sont devenus une préoccupation majeure pour les entreprises. Stress chronique, épuisement professionnel, conflits d’équipe, perte de motivation… les manifestations sont multiples et leurs conséquences, parfois lourdes, touchent aussi bien la performance collective que la santé individuelle.
Le Code du travail impose à l’employeur de protéger la santé physique et mentale des salariés (article L.4121-1). Les RPS sont donc un enjeu réglementaire, mais aussi humain et managérial.
La bonne nouvelle ? Avec quelques réflexes simples, il est possible de repérer rapidement les signaux d’alerte et d’agir avant qu’il ne soit trop tard.
Comprendre ce que recouvrent les RPS
Le terme “Risques Psychosociaux” regroupe plusieurs réalités :
- Stress lié au travail: surcharge de tâches, objectifs irréalistes, pression hiérarchique.
- Violences internes: harcèlement moral, conflits d’équipe, management toxique.
- Violences externes: agressions verbales ou physiques de la part de clients ou usagers.
- Syndrome d’épuisement professionnel (burn-out): conséquence ultime d’un déséquilibre prolongé entre les exigences du travail et les ressources du salarié.
Les RPS n’apparaissent pas soudainement : ils s’installent progressivement. Plus on les repère tôt, plus il est facile d’intervenir.
Réflexe n°1 : Observer les changements de comportement
Un salarié qui se replie sur lui-même, devient irritable ou perd brutalement sa motivation envoie des signaux faibles qu’il ne faut pas négliger.
Quelques indicateurs à surveiller :
- Isolement progressif lors des réunions ou pauses.
- Changements soudains d’humeur : irritabilité, agressivité inhabituelle.
- Baisse de concentration, erreurs répétées.
- Démotivation visible, perte d’intérêt pour des tâches auparavant appréciées.
Réflexe n°2 : Identifier les signaux collectifs
Les RPS ne concernent pas uniquement des individus isolés : ils s’expriment aussi au niveau collectif.
Parmi les signaux les plus fréquents :
- Hausse inexpliquée de l’absentéisme.
- Rotation élevée du personnel (turn-over).
- Conflits ouverts ou sous-jacents au sein d’une équipe.
- Multiplication des arrêts maladie courts mais répétés.
- Climat de travail dégradé (tensions, rumeurs, perte de confiance).
👉 Exemple concret : dans une PME de 40 salariés, un service de 6 personnes affiche en quelques mois 4 arrêts maladie pour “troubles anxieux”. L’analyse révèle une surcharge chronique de travail et un manque de communication avec la direction.
Réflexe n°3 : Créer des espaces de dialogue réguliers
Créer des moments réguliers, même courts, pour échanger est donc essentiel. Cela peut prendre différentes formes :
- Entretiens individuels de suivi.
- Réunions d’équipe centrées sur le climat de travail.
- Groupes de parole ou ateliers animés par un tiers.
- Questionnaires anonymes pour recueillir les ressentis.
👉 Exemple concret : une entreprise du secteur logistique a instauré un “quart d’heure bien-être” hebdomadaire où chaque salarié peut exprimer librement ses ressentis. Cette initiative simple a permis d’identifier plusieurs irritants organisationnels rapidement corrigés.
Le rôle clé du manager
Le manager est le premier maillon de détection. Bien formé, il devient capable de distinguer une baisse passagère de motivation d’un vrai signal d’alerte.
Ses missions :
- Observer sans juger.
- Écouter activement et poser les bonnes questions.
- Orienter vers les ressources internes (RH, médecin du travail, référent QVCT).
- Remonter les informations pour que l’organisation agisse.
Un manager outillé en prévention des RPS n’est pas seulement un “chef”, mais un véritable acteur de la santé au travail.
Conséquences des RPS non traités
Ignorer les RPS coûte cher, tant sur le plan humain que financier :
- Pour l’individu: anxiété, dépression, burn-out, parfois accidents liés à la fatigue ou au manque de concentration.
- Pour l’entreprise: absentéisme, baisse de productivité, augmentation des cotisations AT/MP, détérioration de l’image employeur.
- Pour la collectivité: coûts liés aux soins, aux arrêts de travail et aux reconversions professionnelles.
Selon l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, le coût du stress au travail représenterait près de 20 milliards d’euros par an en Europe.
En conclusion : détecter tôt, agir juste
Les RPS ne sont pas une fatalité. En observant les comportements, en surveillant les signaux collectifs et en libérant la parole, les entreprises peuvent agir avant que la situation ne dégénère.
À l’heure où la qualité de vie au travail (QVCT) devient un facteur clé d’attractivité et de fidélisation, la prévention des RPS est un véritable investissement stratégique.
Et si la rentrée 2025 était l’occasion de faire de la santé mentale une priorité autant que la sécurité physique ?
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