Les troubles musculosquelettiques (TMS) constituent aujourd’hui la première cause de maladies professionnelles reconnues en France, selon les données de l’INRS et de l’Assurance Maladie – Risques professionnels. Ils représentent une part majeure des pathologies liées au travail et concernent chaque année plusieurs dizaines de milliers de salariés.
Manutentions répétées, postures statiques prolongées, travail sur écran, port de charges ou gestes contraints peuvent générer différentes pathologies telles que les lombalgies, les tendinites ou encore le syndrome du canal carpien. Ces troubles apparaissent généralement de manière progressive et peuvent entraîner des douleurs persistantes, des limitations fonctionnelles et des arrêts de travail parfois prolongés.
Au-delà de leurs conséquences sur la santé des salariés, les TMS ont également un impact important sur l’organisation des entreprises : désorganisation des équipes, baisse de productivité, remplacement des salariés absents et augmentation des coûts indirects liés aux accidents du travail et aux maladies professionnelles.
Pourtant, une grande partie de ces situations peut être évitée grâce à une démarche structurée de prévention.
Les TMS : une réalité dans tous les secteurs
Les troubles musculosquelettiques regroupent un ensemble d’affections qui touchent les muscles, les tendons, les nerfs et les articulations. Les zones du corps les plus concernées sont généralement le dos, les épaules, les coudes, les poignets et le cou.
Contrairement à certaines idées reçues, ces troubles ne concernent pas uniquement les métiers physiquement exigeants. Ils peuvent apparaître dans des contextes professionnels très variés.
Dans les secteurs de la logistique, du bâtiment ou de l’industrie, les risques sont souvent liés au port de charges et à la répétition des gestes. Dans les activités tertiaires, ils sont davantage associés aux postures prolongées devant un écran ou à une ergonomie insuffisante du poste de travail.
Ainsi, les TMS peuvent concerner aussi bien un manutentionnaire qu’un salarié travaillant quotidiennement sur ordinateur.
Des troubles qui s’installent progressivement
Dans la majorité des cas, les TMS ne surviennent pas brutalement. Ils s’installent progressivement, parfois sur plusieurs mois ou plusieurs années.
Les premiers signes peuvent être discrets : gêne dans le bas du dos, douleur dans l’épaule ou sensation de fatigue musculaire en fin de journée. Ces signaux sont parfois minimisés car ils disparaissent temporairement avec le repos.
Cependant, lorsque l’exposition aux contraintes physiques se poursuit, les douleurs deviennent plus fréquentes et peuvent évoluer vers des pathologies plus importantes. Les lombalgies liées au port de charges, les tendinites dues aux gestes répétitifs ou encore les troubles liés au travail prolongé sur écran sont parmi les situations les plus courantes.
Un enjeu important pour les entreprises
Les troubles musculosquelettiques représentent un enjeu majeur pour les entreprises. L’un des effets les plus visibles est l’absentéisme. Les douleurs musculaires ou articulaires peuvent entraîner des arrêts de travail répétés ou prolongés.
Ces situations peuvent également désorganiser les équipes : surcharge de travail pour les collègues, difficultés à remplacer les salariés absents ou nécessité d’adapter certains postes.
À cela s’ajoutent des coûts indirects pour l’entreprise, notamment liés au remplacement du personnel, à la baisse de productivité ou encore à l’augmentation des cotisations liées aux accidents du travail et aux maladies professionnelles.

Une obligation de prévention
La prévention des risques liés aux gestes et postures s’inscrit dans le cadre de l’obligation générale de sécurité de l’employeur.
L’article L4121-1 du Code du travail prévoit que l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Cela comprend notamment des actions de prévention, d’information et de formation.
Dans ce cadre, les risques liés aux TMS doivent être identifiés et analysés dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), afin de mettre en place des mesures de prévention adaptées.

Les leviers de prévention
La prévention des TMS repose généralement sur plusieurs actions complémentaires.
L’analyse ergonomique des situations de travail permet d’identifier les gestes, les postures et les contraintes physiques auxquelles les salariés sont exposés. Des améliorations peuvent ensuite être mises en place : adaptation des postes de travail, organisation différente des tâches ou utilisation d’aides à la manutention.
La formation des salariés aux gestes et postures constitue également un levier essentiel. Elle permet de comprendre les mécanismes des TMS, d’identifier les situations à risque et d’adopter des pratiques de travail plus sûres.
Enfin, l’aménagement des postes de travail joue un rôle déterminant, notamment dans les environnements de bureau où la position de l’écran, du siège ou du matériel influence directement la posture du salarié.
Conclusion
Les gestes et postures font partie du quotidien professionnel. Lorsqu’ils sont inadaptés aux contraintes du travail, ils peuvent progressivement provoquer des troubles musculosquelettiques et devenir une cause importante d’absentéisme.
Grâce à l’analyse des situations de travail, à la formation des salariés et à l’amélioration de l’ergonomie des postes, il est possible de réduire significativement ces risques.
La prévention des TMS constitue ainsi un levier essentiel pour protéger la santé des salariés tout en améliorant durablement l’organisation et la performance des entreprises.

