Passeport de prévention 

par | 13 Sep 2025 | ACTU' REGLEMENTAIRE

Passeport de prévention : ce qui change pour les employeurs en 2026

Le décret n° 2025-748 du 1er août 2025Passeport de prévention, un dispositif numérique qui centralise l’ensemble des formations suivies par chaque salarié en matière de santé et sécurité au travail. À partir du 1er trimestre 2026, les employeurs devront déclarer les formations obligatoires suivies par leurs collaborateurs. Une évolution réglementaire majeure qui vise à simplifier le suivi RH, mais qui nécessite une anticipation dès la rentrée 2025.

Qu’est-ce que le Passeport de prévention ?

Le Passeport de prévention est une rubrique intégrée au Passeport de compétences prévu par le Code du travail (article L.6323-8). Il prend la forme d’un espace numérique personnel rattaché au Compte personnel de formation (CPF).

Il recense toutes les attestations, certificats et diplômes obtenus par un salarié dans les domaines liés à :

  • La santé et la sécurité au travail (ex. : SST, habilitation électrique, travail en hauteur).
  • La prévention des risques professionnels.
  • Les formations obligatoires spécifiques à certains métiers (amiante, CACES, etc.).

👉 En pratique, chaque salarié disposera d’un espace unique et actualisé, accessible à tout moment.

Objectifs du dispositif

Le Passeport de prévention répond à plusieurs enjeux :
  • Traçabilité: centraliser et conserver les preuves de formation tout au long du parcours professionnel.
  • Lisibilité: permettre aux employeurs, aux salariés et aux organismes de formation de savoir rapidement quelles compétences sont acquises.
  • Simplification RH: éviter les pertes de documents, faciliter les audits et contrôles.
  • Sécurité accrue: garantir que chaque salarié est bien formé aux risques liés à son poste.

Obligations des employeurs à partir de 2026

À compter du 1er janvier 2026, chaque employeur devra :
  1. Déclarerdans la plateforme les formations suivies par ses salariés en matière de santé et sécurité.
  2. Mettre à jourrégulièrement les informations (nouvelles formations, recyclages).
  3. Informer les salariésde l’existence et du fonctionnement du Passeport.
  4. S’assurer de la conformitédes données (dates exactes, intitulés, organismes de formation).
Le non-respect de ces obligations pourra être relevé lors d’un contrôle de l’Inspection du travail ou d’un audit Qualiopi pour les organismes concernés.

Quels types de formations sont concernées ?

La réglementation distingue plusieurs niveaux d’exigence :
  • Tout le personnel: doit connaître les consignes d’évacuation et l’emplacement des moyens de secours.
  • Des salariés désignés: doivent être formés à l’utilisation des extincteurs et jouer le rôle d’Équipiers de Première Intervention (EPI).
  • Les établissements à risque(sites industriels, ICPE, grandes surfaces, etc.) : doivent aller plus loin avec des formations EPI et éventuellement SSIAP.
En pratique, de nombreuses entreprises choisissent de former un échantillon représentatif (par exemple, un salarié par service ou par étage) afin d’assurer une couverture suffisante.

Conséquences pour la fonction RH

Pour les responsables RH, le Passeport de prévention représente à la fois une opportunité et un défi :

  • Opportunité: fini les classeurs papier, les attestations égarées et les incertitudes lors d’un contrôle. Un simple accès en ligne permet de vérifier les formations suivies.
  • Défi: il faudra mettre en place une organisation pour assurer la mise à jour régulière des données et le suivi des recyclages.

Cela implique de revoir certains process internes :

  • Création d’untableau de bord des obligations réglementaires.
  • Suivi automatisé des dates de validité (SST, habilitations, etc.).
  • Dialogue renforcé avec les organismes de formation pour garantir la transmission des attestations.

Exemple concret d’utilisation

Imaginons une entreprise de logistique de 200 salariés :

  • En 2026, le DRH doit vérifier que les caristes ont bien leur CACES à jour et que les chefs d’équipe disposent de leur formation incendie.
  • Plutôt que de demander des photocopies à chaque salarié, il accède directement au Passeport numérique.
  • En un clic, il visualise qui est conforme et qui doit être recyclé.

👉 Gain de temps, réduction des erreurs et sécurisation juridique en cas de contrôle.

    Comment anticiper dès 2025 ?

    Même si l’obligation n’entrera en vigueur qu’en 2026, il est recommandé de se préparer dès maintenant :

        1. Faire l’inventairedes formations réglementaires existantes dans votre entreprise.
        2. Mettre à jourle Document Unique d’Évaluation des Risques (DUER) pour identifier les besoins spécifiques.
        3. Établir un plan de formation 2025-2026intégrant les recyclages à venir.
        4. Sensibiliser les managers et les salariésà l’arrivée du Passeport.
        5. Choisir des partenaires formationcapables de fournir des attestations conformes et directement exploitables.

    Le rôle des organismes de formation

    Les organismes de formation comme Savoir-Agir Formation devront aussi adapter leurs pratiques :

    • Fournir des attestations numériques normalisées.
    • Transmettre les informations aux employeurs et aux salariés de manière sécurisée.
    • Conseiller les entreprises sur la mise en conformité de leur plan de formation.

    Cela représente une opportunité pour créer un véritable écosystème numérique de la formation en prévention.

      En conclusion : une réforme à transformer en avantage

      Le Passeport de prévention n’est pas qu’une contrainte réglementaire. Bien utilisé, il peut devenir un levier stratégique pour les RH :

      • Meilleure visibilité sur les compétences en interne.
      • Sécurisation juridique face aux contrôles.
      • Renforcement de la culture prévention.

      La clé réside dans l’anticipation. Préparer vos équipes dès 2025 vous permettra d’aborder 2026 avec sérénité et de transformer cette obligation en un atout organisationnel.

      Anticipez les risques professionnels grâce à une information claire et régulière

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